Nouveau départ, nouvelle vie en Bretagne

Nouveau départ, nouvelle vie en Bretagne

Ma reconversion professionnelle


Prof ... c'était un rêve.

Oui, quand j'ai eu mon CAPES en 2005, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps ! Je n'y croyais pas. J'admirais tellement ce métier qu'il me semblait inaccessible, surtout pour moi. Et pourtant ... je l'ai décroché ce foutu concours ! J'y ai consacré des heures et des heures au détriment du temps passé avec mon petit garçon, avec mon mari. Et merci maman d'avoir été là et la grand-mère parfaite que tu es toujours.

Lorsque j'ai passé le concours, j'étais secrétaire en emploi-jeune à l'IUFM d'Aix-Marseille. Pour info, l'IUFM = Institut universitaire de formation des maîtres. Aujoud'hui appelé l'ESPE. J'aimais beaucoup mon travail et j'étais entourée de gens très disponibles, humbles et d'une grande gentillesse. Je suis tombée enceinte un mois après mon embauche et mes responsables l'ont très bien pris ! Même quand j'ai du être hospitalisée dès le 6ème mois ... Mais tout s'est bien passé je vous rassure !

J'avais arrêté mes études avec mon BAC L, avec mention certes, mais après mon échec en prépa à Thiers, j'avais opté pour le travail et j'en étais satisfaite. Et de fil en aiguille, au travers de différentes discussions avec mes collègues dont beaucoup étaient devenus des amis, l'idée de reprendre mes études a fait son bout de chemin. Une formation était obligatoire dans le cadre de mon contrat, et mes collègues m'ont fortement encouragée. Une autre collègue, secrétaire comme moi, est arrivée et avait à peu près le même profil que moi. Nous nous sommes inscrites en 1ère année de DEUG lettres modernes par le centre de télé-enseignement de l'Université d'Aix. Mon fils avait alors un an à peu près. J'ai réussi ainsi mes deux années de DEUG, puis mon année de licence. Ca n'a pas été simple tous les jours, entre les cours du samedi en présentiel, les cours à bosser seule à la maison, mon travail à temps plein et mon petit garçon ... il a fallu jongler et faire avec. Heureusement, mon entourage, ma mère, mon mari, mes collègues, m'ont toujours aidée et soutenue.

J'ai eu mon CAPES du 1er coup, à ma plus grande surprise. Je crois que c'est un des évènements les plus marquants de ma vie tellement la pression était là et était intense. Lorsque mon nom est apparu sur l'écran, j'ai fondu en larmes. J'étais au bureau, mes collègues avaient prévu une bouteille de champagne ce qui m'a prouvé qu'il croyaient en moi, cela m'a encore plus émue et la pression est redescendue ! J'ai appelé mon mari, ma mère, mon père ... ils étaient en larmes. Moi, petite fille issue d'une famille ouvrière, de grands-parents immigrés italiens, qui a grandi dans les cités des quartiers nord de Marseille, j'étais PROF ! Cela me semblait sincèrement incroyable. Moi qui manquais de confiance en moi ... il m'a fallu en gagner. Parce que je ne vous ai pas dit mais en plus, je suis handicapée ! J'ai une malformation au niveau de mon membre supérieur gauche, c'est donc bien visible. Et quand on est prof, on est face à un public. Il m'a fallu faire un travail sur moi et accepter le regard de ces enfants et d'en parler si besoin. Ca s'est toujours très bien passé. Le challenge était réussi.

Le fait était donc là, nous étions au mois de juillet. Le 1er septembre, j'allais être enseignante-stagiaire et avoir ma première classe en responsabilité.

 


20/02/2017
0 Poster un commentaire

Mes débuts de prof

Ainsi, le 1er septembre arriva à pas de loup ...

J'ai bossé tout l'été, paniquée à l'idée de me retrouver face à ces jeunes. J'ai tout préparé, soigneusement, consciencieusement, des textes qui me plaisaient et qui forcément allaient plaire à mes chères têtes blondes. Des cours bien menés, je savais où je voulais amener mes élèves, ce que je voulais qu'ils retiennent de chaque séance, de chaque notion. Comment j'allais enchaîner les cours suivants et montrer à mes élèves la logique des différents liens entre les notions. Bref, j'étais certes paniquée, mais très fière de ce que j'avais accompli durant les deux mois d'été. Et qu'on ne me parle pas de vacances ...

J'avais en responsabilité une classe de 5eme dans un collège plutôt très bien noté. Je m'attendais donc à me trouver devant une "bonne" classe, devant des élèves studieux et à l'écoute. C'est ce que j'ai cru avoir en face de moi les premières semaines. Tout se passait très bien, j'avais une tutrice dans mon établissement, très à l'écoute et de bon conseil. Puis certains élèves se sont dissipés, j'ai du séparer deux bagarres, intervenir davantage pour faire de la discilpline. 

Lors de la première rencontre parents-enseignants, je suis un peu tombée des nues lorsque certains parents ont remis en question les savoirs que j'inculquais à leur progéniture, ma façon de leur transmettre ces notions, trop de devoirs ou pas assez. Bref, j'étais jugée sur un terrain qui était le mien, pas le leur ! J'ai eu du mal à accuser le coup mais je  me suis défendue et j'ai défendu mes compétences. Ils n'allaient pas bousiller tout mon travail et me faire me remettre en cause constamment.

L'année de stage est une année de questionnements et de remise en cause, mais cela ne doit pas tourner à l'obessession. Il faut écouter les conseils des professionnels qui nous entourent, évidemment, mais on apprend réellement le métier sur le terrain. Il faut aussi prendre confiance en soit et en ses capacités. Je crois que c'est la clé et que c'est ce qui nous permet de nous imposer face aux élèves et à certains parents.

Cette année s'est finalement bien déroulée et j'ai validé mon année de stage avec la mention très bien du jury. OUF, j'allais enfin être titularisée !

 


02/03/2017
0 Poster un commentaire

Quand le doute s'installe

Cela fait plusieurs semaines que je n'ai pas écrit un article dans cette catégorie, et pour cause ...

J'ai eu quelques problèmes de santé, mais ça va mieux alors je me motive et j'avance. Ma reconversion ? Elle est assez radicale : je souhaite quitter l'Education Nationale pour devenir agent immobilier !

Alors pourquoi ? comment ? Je vais essayer de vous expliquer tout cela petit à petit. J'adore mon métier, et je l'aimerai toujours. J'adore transmettre, partager, écouter et aider. Mais la politique et les choix pédago-démago de l'Education Nationale d'aujourd'hui ne correspond plus à ce que je souhaite transmettre à mes élèves. On nous impose tout : notre façon d'enseigner, notre façon d'évaluer, notre façon de collaborer. Nous avions, en tant qu'enseignant, fonctionnaire de catégorie A de la fonction publique, une certaine liberté liée à la confiance et à la reconnaissance de notre professionnalisme et de nos compétences. Aujourd'hui, cees libertés nous échappent peu à peu, et personnellement je n'adhère pas à un système hypocrite qui baisse sans cesse le niveau, qui accentue les inégalités sociales et qui méprise autant les familles que leur propre personnel.

Avant d'être enseignante, les métiers de l'immobilier m'intéressaient. Mais ma vocation, c'était l'enseignement. L'idée s'est donc vite échappée.

Et voilà, aujourd'hui j'ai 40 ans, et je remets beaucoup de choses en cause, je réfléchis : comment est-ce que je vois le reste de ma vie ? Qu'est-ce que j'en attends vraiment ?

Je me suis donc inscrite en BTS professions immobilières depuis le mois de février. Ce que je souhaite ? Etre indépendante. Pouvoir m'organiser, gérer le privé et le professionnel comme je l'entends, ou à peu près...

J'ai encore beaucoup de doutes parce que je ne sais pas encore comment les choses vont se passer dans mon futur établissement en Bretagne. Si ça se trouve, je vais retrouver toute ma conviction et ma motivation ! Mais j'en doute ... parce que c'est vraiment les dérives du système qui ne me conviennent plus ...

J'attends donc de voir, je vais bosser mon BTS, essayer de trouver des agences pour mes stages, et puis on verra bien ...

 

 


16/03/2017
4 Poster un commentaire

La fin de la transmission des savoirs ... ou pourquoi je quitte l'éducation Nationale !


22/03/2017
0 Poster un commentaire

Dur dur de s'y mettre ... mais ...

Aujourd'hui, je me demande si je vais y arriver en 1 an.

Je m'explique : je me suis inscrite donc en BTS professions immobilières, j'ai reçu mes premiers cours, mais j'ai beaucoup de mal à trouver du temps pour m'y mettre sérieusement. En plus, je sais très bien que cet été ça sera compliqué aussi avec l'installation dans la nouvelle maison, la préparation des cours pour la rentrée (en espérant que je ne sois pas en lycée !) ... Ma conseillère pédagogique m'a dit que j'allais peut-être bénéficier d'une réduction pour la durée des stages de 14 semaines à 8 semaines. Ca serait déjà pas mal ... et puis je me suis dit que, après tout, si je le passe en 2 ans ce n'est pas si grave.

Si je débute en tant qu'agent mandataire, je n'ai pas besoin du BTS, donc je pourrai tout de même commencer l'activité en janvier 2019, ce qui est mon objectif, et passer les épreuves du BTS en mai/juin 2019.

Par la suite, j'aimerais vraiment devenir agent indépendant et collaborer avec une décoratrice d'intérieure spécialisée dans le home-staging. Ca sera pour un peu plus tard, 3 ou 4 ans, histoire que je puisse acquérir auparavant un peu d'expérience.

 

Je croise les doigts, ça me fait peur tout de même mais ce projet me tient vraiment à coeur et je sens qu'il y a en Bretagne un vrai potentiel de développement !

 

Dès mon installation à peu près terminée, je vais me renseigner auprès de la CCI de Bretagne et suivre une formation sur la création d'entreprise. J'ai assisté déjà à une réunion d'informations de la CCI d'Aix-en-Provence, mais c'était assez basique. Là je pense faire une formation plus approfondie sur 5 jours, avec rencontres de professionels (expert-comptable ...).

J'ai hâte !

 

J'ai hâte aussi de connaître mon nouvel établissement, mes nouveaux collègues, mes nouveaux élèves, mon emploi du temps ! Ca peut paraître paradoxal, mais je continue d'aimer mon métier profondément, pourtant je sais que je souhaite connaître d'autres choses : l'entreprenariat, l'indépendance, le monde de l'entreprise. Mais pas au sein de l'Education Nationale ! Parce que soyons objectifs : la politique actuelle vise à faire de notre système éducatif une véritable entreprise dirigée par l'obsession des chiffres ... ce que je ne conçois pas pour l'éducation de nos enfants ... 

 

Je m'attarderai plus longuement sur mon opinion de notre système éducatif, sur son évolution et ses perspectives ... mais chaque chose en son temps.

 

 

 

 

Yes I can !!


26/03/2017
0 Poster un commentaire


Recherche

Vous recherchez ? :