Nouveau départ, nouvelle vie en Bretagne

Nouveau départ, nouvelle vie en Bretagne

Carole, 51 ans

                                            

La vie est belle

"Se connaître soi-même c'est ne pas aller en deçà et au delà de son bonheur"

 

Bonjour Carole, peux-tu un peu te présenter ?

Bonjour je suis Carole Fortuna, j’ai 51 ans et je suis née à Aix en Provence dans les Bouches du Rhône. J’habite actuellement à Fontenay le Fleury une petite ville agréable de la banlieue de Versailles. Je suis mariée et j’ai un grand garçon de 21 ans. Je suis à mon compte et je suis facilitatrice de communication avec plusieurs compétences que sont la musicothérapie (art-thérapie à dominante musicale), l’animation de yoga du rire, la formation en entreprise et le chant. Vous pouvez constater que toutes ces pratiques sont communicantes et sonores ?.

En dehors de mon métier mes passions sont le chant bien sûr, je chante dans des chœurs, je suis soliste et je participe aussi à des comédies musicales. Une autre passion est le scrapbooking et la photo alors les 2 se complètent bien. A l’heure du numérique on oublie d’imprimer ses photos la plupart du temps. Le scrapbooking m’aide à mettre en valeur mes photos importantes ou les plus moches qui peuvent se révéler sublimes avec une belle mise en scène graphique. J’aime aussi les échanges dans le cadre de nos jumelages, je suis curieuse de l’autre ! la lecture, la marche et la contemplation.

Depuis quelques temps j’ai commencé à intensifier mon respect de l’environnement. Je lave, nettoie, me lave plus qu’avec du savon noir, savon de Marseille, bicarbonate, vinaigre, HE …..

Un bienfait pour mon porte-monnaie et l’environnement.

 

Tu veux bien nous parler de ton parcours ?

J’ai fait environ 30 années de salariat et depuis une dizaine d’années je souhaitais trouver un métier liant ma passion du chant et de la communication, de l’aide à l’évolution de l’autre. Pourquoi cette recherche ? parce que j’estimais avoir fait le tour de ma vie de salariée et puis je ne suis pas dupe sur le devenir des seniors dans les grosses entreprises surtout quand ils sont autodidactes donc peu diplômés et femmes. (sans faire de clichés, c’est ce que je vivais) et je ne retrouvais plus mes valeurs dans ce que je vivais.

J’ai eu l’opportunité de rencontrer une musicothérapeute et là Bingo voici mon métier ! J’ai cherché pendant quelques temps la bonne formation pour moi et j’ai trouvé une formation de 2 ans très didactique en musicothérapie (AMIF : Ateliers de musicothérapie d’Ile de France). Des formateurs extraordinaires et atypiques ce qui donne un cocktail efficace. En 2014 un plan de départ volontaire a été mis en place dans mon entreprise et comme cela faisait 2 ans que dans le service où je me trouvais, j’étais confrontée à des personnes avec des valeurs différentes des miennes, manipulatrices et auto-centrées, j’ai pris la décision de m’installer à mon compte.

Ma formation de musicothérapeute se terminait, mon mari et mon fils étaient prêts à notre changement de vie matérielle, j’ai pris la décision de prendre ce PDV pour m’installer.

Pour la petite histoire pendant plusieurs années les RH me disaient tu es atypique et je prenais cela pour un gros mot, jusqu’à ce que je comprenne que c’est une valeur magnifique, un compliment et une force pour entrepreneuriat.

 

A quel stade en es-tu de ton projet ?

Mon entreprise existe depuis février 2015.

J’ai commencé par me renseigner, j’ai fait une étude de marché et j’ai réalisé qu’être musicothérapeute seulement ne suffisait pas. C’est pour cela que j’ai conservé mon métier de formatrice et j’ai ajouté le yoga du rire et le chant. Tous ces outils se complètent bien et sont au service les uns les autres.

Dans le cadre du PDV j’ai été suivie par une conseillère en création d’entreprise, extraordinaire, elle a compris que j’étais suffisamment autonome pour me débrouiller seule et me donnait juste les éléments nécessaires et appropriés au bon moment. Sa principale qualité est qu’elle a cru à mon projet.

J’hésitais sur le statut et après avoir fait des simulations sur internet, rencontré la CCI, un avocat …, j’ai pris une décision finale avec un expert-comptable par rapport à ma situation familiale et personnelle. Et j’ai créé une EURL : COMUNISSONS est née ! COMUNISSONS c’est la communication, les sons, être à l’unisson, être unis en communion.

 

Quelles difficultés as-tu pu rencontrer ?

La première difficulté est de trouver son statut juridique et même maintenant je me demande si j’ai bien choisi … les charges sont lourdes, trop lourdes pour des petites structures comme nous. Et puis le regard des autres pourquoi as-tu choisi cette forme ? il vaut mieux commencer en AE ou en SASU …. Il m’a fallu faire un effort de confiance en soi pour me dire « j’ai fait le bon choix par rapport à ma situation et je ne suis pas les autres.»

Autres difficultés, se faire connaître mais là aussi il faut se faire confiance et avancer, en restant fidèle à ses valeurs, on réussit toujours.

La notion de prix ah lala pauvre France qui n’aime que le gratuit ?

J’ai appris à affirmer mon tarif, pour cela j’ai fait des études de marché, j’ai qualifié mes compétences, expériences et la personne que je suis, j’ai pris en compte les politiques économiques de notre pays. Mon tarif est JUSTE et j’en suis fière.

Je ne fais pas de gratuit, je ne baisse pas mes tarifs dans l’irraisonnable et je m’offre la chance (c’est drôle mon nom de famille en italien veut dire la chance = Fortuna) de travailler avec des personnes respectueuses de mes qualités et compétences.

Alors oui je perds des contrats pour cette histoire de tarif et je reste en phase avec ce que je suis, je ne peux pas me brader parce que j’ai beaucoup à apporter et je reçois encore beaucoup. Chacune de mes interventions me permet d’aller chercher de nouvelles ressources pour compléter ma boite à outils, c’est un investissement pour être au service de l’autre. Et surtout je dois être en respect avec moi si je dois respecter l’autre, mon client !

 

Penses-tu que le fait d'être une femme soit un atout ou un frein dans votre projet ? Pourquoi ?

Je pense que c’est plus un atout qu’un frein.

Le seul frein est le regard et l’estime que porte notre société sur la femme.

Pourquoi un atout ? parce que la femme de tout temps est là pour écouter, protéger , aimer, développer, enseigner, pendant que l’homme part chasser.

Elle est sacrément forte pour faire tout cela et dans mon métier et la création d’entreprise ces compétences « génétiques » et cette force sont importantes.

 

 As-tu contacté d'autres personnes/organismes/associations pour t'aider dans ton projet ? Par quel moyen ?

Heureusement qu’il existe des structures associatives et privées pour nous accompagner .

Oui je fais partie de réseau entrepreneuriat au féminin, très efficace. Les EQD (Entrepreneuses qui déchirent, groupe Facebook), les Cré’actives .

J’ai fait parfois des petits-déj avec d’autres réseaux entrepreneurs. Ce qui me gêne c’est qu’ils parlent toujours CA, CA, CA .

Alors oui en tant que femme et entrepreneure je dois gagner de quoi vivre pour maintenir ma vie familiale et ma vie professionnelle. Soyons claires, sans argent on est peu de choses dans ce monde. Pour l'épicurisme, le bonheur stable réside en un juste équilibre entre les plaisirs naturels et nécessaires (boire manger, dormir) et les plaisirs naturels et non nécessaires. (manger avec raffinement ou au-delà du besoin, le désir sexuel…), l’argent dans notre société aide cette équilibre.

 

Toutefois l’argent ne fait pas tout. Ce n’est pas l’argent qui me forme, ce n’est pas l’argent qui fait de moi cette femme dont je suis fière… non non ce sont les belles rencontres, les échanges, les apprentissages, l’enrichissement humain .

L’idéal est de trouver ce juste équilibre !

C’est pour cela que mes tarifs sont Justes et qu’ils ne sont pas négociables.

 

 Ton entourage est-il un soutien ?

Oui j’ai beaucoup de chance, j’ai un grand soutien de mon mari et mon fils, pourtant mon mari avait très peur de ma démarche. Ce grand plongeon dans l’incertitude, ce changement de vie (la vie de salariée est une vie d’insouciance, tous les mois l’argent tombe, les vacances sont planifiées, la retraite cotisée….) pour lui était comme un abîme. Et puis lui aussi commence à envisager autrement sa vie de bientôt retraité, il aime à dire « ma femme fait un métier formidable, elle ne ramène pas d’argent mais elle fait un métier formidable ».

Mon entourage est mitigé entre ceux qui me traitent de folle car j’aurais dû commencer en AE pour voir si ça fonctionne (mais moi j’ai décidé que cela allait fonctionner) et ceux qui m’encouragent et like mes articles, mes posts sur internet, parlent de moi dans leur réseau.

 

Quel regard portes-tu aujourd'hui sur ton projet ? Parviens-tu à prendre du recul ?

Je suis fière de ce projet et il est encore jeune pour prendre beaucoup de recul. Cette année et l’année prochaine (2ème et 3ème années) sont des années importantes elles me permettront de confirmer la viabilité de mon projet.

 

 Pourquoi aujourd'hui avoir envie de communiquer sur ton expérience ?

Je trouve important de partager cette expérience et je veux dire aux femmes et aux hommes de 50 ans que la vie est belle et qu’elle n’est pas finie.

Que parfois on rencontre des obstacles dans nos vies et qu’il y a toujours un moyen de les contourner. Qu’il faut parler et ne pas garder pour soi, c’est en communicant qu’on fait des rencontres et que l’aide vient.

La joie doit l’emporter sur la tristesse (et je sais de quoi je parle, j’ai rencontré tant d’événements bouleversants et renversants dans ma vie)

 

 

 www.comunissons.com

 

https://www.facebook.com/comunissons/

 

 



08/05/2017
2 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 49 autres membres